Points à retenir

  • Le monde étant plus conscient que jamais des risques climatiques, les investisseurs axés sur le développement durable entreprennent des efforts mondiaux pour définir de nouvelles pistes d’action commune.
  • La modélisation financière comble son retard avec la documentation scientifique sur l’incidence probable des changements climatiques, des progrès décisifs étant réalisés dans le domaine de la valeur exposée aux risques climatiques selon différents scénarios climatiques.
  • L’engagement des entreprises est un art qui devrait reposer sur la science : Les gestionnaires d’actifs qui s’impliquent activement dans les entreprises qu’ils acquièrent en établissant des partenariats fondés sur des intérêts communs sont dans une position unique qui leur permet de convertir les analyses climatiques en facteurs quantifiables de résilience du portefeuille.

En ce milieu d’année 2019, trois ans après l’adoption de l’Accord de Paris et près de deux ans après la ratification, par la majorité des gouvernements de la planète, de cette entente historique pour lutter contre les changements climatiques, la communauté mondiale en est toujours aux balbutiements du processus visant à déterminer comment partager au mieux le poids des responsabilités pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), principal facteur des changements climatiques.

 

Les États, les entreprises et les investisseurs se concentrent sur les objectifs de température mondiale qu’ont fixés les scientifiques pour permettre à l’humanité et à la planète de gagner la bataille. En vertu de l’Accord de Paris, la hausse des températures mondiales moyennes ne doit pas dépasser 2,0 °C, ou — ce qui serait nettement mieux, mais plus difficile à atteindre — 1,5 °C, par rapport aux niveaux préindustriels. Nous en savons aussi beaucoup plus sur les répercussions environnementales, sociales et économiques probables des changements climatiques dans des scénarios de réchauffement de 1,5 °C, 2,0 °C et 3,0 °C (ou plus), qui nous réservent un avenir allant de sombre à dystopique. Mais les collectivités, les entreprises, les investisseurs et les gouvernements que nous représentons n’ont pas encore clairement défini comment nous pourrions et devrions partager la responsabilité des efforts pour atténuer les effets de cette catastrophe climatique qui prend de plus en plus d’ampleur. Les projets récents auxquels a participé Gestion de placements Manuvie laissent espérer que le secteur des valeurs mobilières est de plus en plus prêt à jouer son rôle nécessaire.

 

   

La masse croissante de preuves des risques climatiques redéfinit le concept de risque de placement

Les gestionnaires d’actifs continuent d’évaluer dans quelle mesure la catastrophe mondiale qui se déroule progressivement pourrait influer sur leur responsabilité de générer des rendements pour leurs clients. Il est communément admis dans le secteur des valeurs mobilières que l’obligation fiduciaire à l’égard des clients (institutions ou particuliers) exige de manière générale que les gestionnaires d’actifs agissent dans l’intérêt de leurs clients, qu’ils respectent les termes de leur mandat de placement et qu’ils ajustent adéquatement les pondérations des différents types d’actifs et de risques de placement de manière à dégager de bons rendements corrigés du risque. Selon la plupart des régimes juridiques, le concept de l’obligation fiduciaire n’intègre pas encore officiellement la gestion des risques climatiques. Cependant, ce concept sera nécessairement mis à l’épreuve par les législateurs et les tribunaux. On peut en effet avancer, avec suffisamment de preuves à l’appui, que les analyses prospectives des risques climatiques sont indispensables pour comprendre la véritable ampleur du risque lié aux actifs et aux placements.

 

Songez à certains des risques majeurs les plus connus des répercussions des changements climatiques. En octobre 2018, le gouvernement fédéral des États-Unis a présenté un tableau assez provocateur des difficultés qui attendent le pays :

  • « Les changements climatiques créent de nouveaux risques et exacerbent les vulnérabilités actuelles des collectivités partout aux États-Unis, en créant des défis croissants pour la santé et la sécurité des gens, la qualité de la vie et le taux de croissance économique.
  • À défaut d’efforts mondiaux importants et soutenus pour les atténuer et d’efforts d’adaptation régionaux, les changements climatiques causeront des pertes de plus en plus lourdes au niveau de l’infrastructure et des biens immobiliers aux États-Unis et nuiront à la croissance économique au cours de ce siècle.
  • Les changements climatiques affectent les systèmes naturels, construits et sociaux sur lesquels nous comptons, individuellement et par leurs interconnexions. Ces systèmes interconnectés sont de plus en plus vulnérables à des effets en cascade parfois difficiles à prédire, ce qui menace les services essentiels à l’intérieur et au-delà des frontières nationales¹. »

Les risques climatiques, qui sont d’envergure macroéconomique mais se feront intensément sentir à l’échelle locale, microéconomique, constituent des facteurs importants qui devraient s’aggraver au fil du temps à en juger par notre trajectoire actuelle. Pour les investisseurs institutionnels aussi bien que pour les épargnants, ces risques sont par conséquent urgents et tentaculaires.

 

Songez au caractère décentralisé de l’exposition à l’économie dans un portefeuille de placements diversifié : Où sont concentrés les risques climatiques et où semblent-ils plus faibles, et peut-on atténuer ces risques sans changer la nature de la répartition de l’actif du portefeuille? Ou réfléchissez à la structure à long terme d’un plan typique de gestion des actifs et des passifs : Si l’exposition aux risques climatiques s’aggrave au fil du temps, dans quelle mesure cette intensification modifie-t-elle la compréhension fondamentale d’une mauvaise concordance entre les actifs et les passifs? Autrement dit, l’épargne et les placements en vue de la retraite offrent-ils une sécurité alors que le monde que nous connaissons aujourd’hui pourrait devenir nettement moins sûr, prospère et habitable dans quelques décennies? Plus nous examinons les choses de près, plus la question du risque climatique nous semble pertinente dans le cadre des instruments et des stratégies de placement qu’utilisent les investisseurs, indépendamment de la valeur de leur portefeuille et de leurs connaissances.

 

La répartition des risques climatiques varie

Ce qui complique l’application de l’analyse climatique aux placements mondiaux est l’absence de méthode universelle. L’analyse climatique doit tenir compte des différents scénarios sur les changements climatiques, mais également des effets variables de ces changements sur les régions, les secteurs d’activité et les entreprises au cas par cas.

 

Dans un rapport de recherche que nous avons publié conjointement avec deux entreprises asiatiques, nous avons établi que les risques à long terme pour les investisseurs exposés à l’Asie étaient particulièrement élevés compte tenu de l’accumulation rapide des effets des changements climatiques sur les ressources essentielles comme l’eau². Sachant que de vastes villes de 16 pays et territoires d’Asie bordent 10 grands cours d’eau — qui sont tous alimentés par la fonte des neiges saisonnières des montagnes de l’Hindou Kouch de la chaîne himalayenne — la hausse des températures mondiales assèche littéralement la source d’eau la plus utilisée de la planète. Or, parallèlement au réchauffement de l’atmosphère qui affaiblit cette capacité d’approvisionnement en eau, l’augmentation des taux d’urbanisation en Asie exerce une pression croissante sur cette source d’eau de plus en plus réduite, ce qui oblige à prendre d’urgence des décisions difficiles au chapitre de l’agriculture, de l’industrie et de la réglementation.

 

Nous avons également établi comment les risques climatiques multiplieront les risques propres à différents secteurs, comme ceux de la gestion et du stockage des déchets dans certains segments du secteur minier mondial³. Les précipitations de plus en plus fortes et fréquentes à certains endroits, comme dans l’État du Minas Gerais au Brésil, menacent les barrages de retenue des résidus actifs et inactifs — bassins fortifiés de stockage des déchets miniers toxiques —, dont le risque de rupture catastrophique due à l’érosion accélérée augmente. Comme l’ont montré les récents désastres survenus dans cette région, les pertes en termes de vies humaines, de biens immobiliers et de capacités agricoles — sans mentionner les responsabilités civiles qui en découlent — peuvent considérablement affecter la valeur des titres des entreprises. Il est suffisamment difficile pour une société minière d’exploiter une entreprise rentable compte tenu de la qualité déclinante du minerai de fer et du resserrement de la réglementation dans le domaine environnemental; si vous ajoutez l’effet multiplicateur des incertitudes liées aux changements climatiques, la mosaïque globale des risques peut sembler menacer la viabilité de la croissance de certaines entreprises.

Les risques et les occasions liés aux changements climatiques augmentent à mesure que les objectifs visant à freiner le réchauffement climatique se font plus ambitieux.

Valeur à risque totale non pondérée des placements des deux portefeuilles

Les risques et les occasions liés aux changements climatiques augmentent à mesure que les objectifs visant à freiner le réchauffement climatique se font plus ambitieux.

Sources : Gestion de placements Manuvie et Carbon Delta, août 2018. La valeur à risque (ou valeur exposée au risque) est une mesure du risque de perte pour les placements. Elle estime l’ampleur de la perte potentielle (ou du gain, si le pourcentage est positif) d’une série de placements, dans les conditions normales du marché et sur la base d’une période finale d’environ 30 ans au cours de laquelle le coût associé à la réduction des émissions de carbone diminue jusqu’à devenir nul.

 

 

Évaluation des risques — et des occasions — découlant des changements climatiques

Alors que la complexité et l’interconnexion des changements climatiques représentent un défi unique pour les gestionnaires d’actifs, des normes et des pratiques exemplaires d’intervention commencent à se dessiner. L’un des objectifs de nos efforts d’intégration des facteurs ESG consiste à gérer les risques climatiques dans le cadre des processus de placement afin d’améliorer la résilience des portefeuilles. Pour affûter nos méthodes et prendre les devants vis-à-vis de cette question critique en matière de placement, nous avons récemment participé à un programme pilote d’un an organisé par l’Initiative financière du Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP FI). Vingt institutions financières des quatre coins du monde ont pris part au projet axé sur l’élaboration de lignes directrices pour mettre en oeuvre les recommandations du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques établi par le Conseil de stabilité financière⁴.

 

L’objectif du groupe était de concrétiser une méthodologie d’évaluation des risques climatiques mise au point en collaboration avec Carbon Delta, une société d’analyse des données qui quantifie les risques de placement dans plus de 30 000 entreprises selon divers scénarios de changement climatique, en modélisant une vaste quantité de données, dont des projections météorologiques et des lieux d’exploitation. Les résultats sont utilisés pour désigner et classer les entreprises en fonction de leur exposition aux risques liés aux changements climatiques ou à leur capacité d’adaptation permettant d’atténuer ces risques. Le projet pilote démontre, de manière coordonnée pour la toute première fois, qu’un groupe de gestionnaires d’actifs institutionnels peut collaborer de manière efficace pour créer une méthode d’analyse fondamentale ascendante sur un thème ESG d’importance critique.

 

De l’évaluation à la gestion des risques climatiques

En utilisant le modèle de la valeur exposée aux risques climatiques, l’objectif de Gestion de placements Manuvie, était de comprendre comment évaluer les risques climatiques à l’échelle des titres individuels et à celle du portefeuille dans son ensemble, afin de guider le processus de constitution du portefeuille, et de voir comment déterminer et gérer l’exposition aux différentes régions géographiques au moyen de la répartition de l’actif.

 

En comparant un portefeuille d’actions canadiennes à un portefeuille d’actions asiatiques, nous avons obtenu plusieurs résultats notables⁵. Premièrement, nous avons constaté que le portefeuille d’actions asiatiques était exposé à un plus grand risque relatif de transition (risque politique) dans le cadre des trois scénarios climatiques — +1,5 °C, +2,0 °C et +3,0 °C — et offrait de meilleures occasions d’innovation technologique. Soulignons que, pour les deux portefeuilles, nous avons trouvé que le coût total assumé par les entreprises pour faire la transition vers un avenir à carbone réduit (1,5 °C) augmentait de manière disproportionnée par rapport au coût d’un scénario moins restrictif leur permettant de poursuivre leurs activités comme si de rien n’était (3,0 °C). De même, les occasions offertes par les changements climatiques à l’échelle des entreprises — énergies propres et de remplacement, technologies plus écologiques, innovation pour s’adapter aux changements climatiques — augmentent de manière non linéaire à mesure que les économies s’orientent vers la résilience climatique.

 

Cependant, bien que nous ayons constaté un grand écart entre les occasions technologiques des deux portefeuilles géographiques, il est apparu peu probable que ces occasions contrebalancent le risque de transition associé à l’un ou l’autre de ces portefeuilles. Il est important, pour les investisseurs conscients des risques climatiques, de garder cette asymétrie à l’esprit : Même pour un portefeuille diversifié, nous pensons que l’intention et l’orientation de la répartition de l’actif et de la sélection des titres sont nécessaires pour que les occasions technologiques découlant des changements climatiques l’emportent et assurent une couverture potentielle contre les répercussions négatives des risques liés à la transition climatique et aux dommages matériels. Grâce à la modélisation de la valeur à risque des titres et des portefeuilles, les gestionnaires d’actifs sont mieux positionnés pour modifier les placements et les modèles de répartition de l’actif de façon à tirer profit des occasions liées au climat plutôt que d’atténuer purement et simplement les risques climatiques.

 

Gestion de placements Manuvie — engagement, par thème

Fréquence à laquelle le sujet est abordé dans le cadre des discussions avec les entreprises, 2018 (%)

Gestion de placements Manuvie — engagement, par thème

Source : Gestion de placements Manuvie, 5 juin 2019

 

 

Engagement à lutter contre les changements climatiques : redéfinir une responsabilité partagée

La possibilité d’appliquer l’analyse de la valeur exposée aux risques climatiques pour déterminer les risques et les occasions associés à une entreprise ouvre des perspectives prometteuses d’engagement actif aux côtés de l’équipe de direction — aussi bien pour améliorer la transparence des informations communiquées que pour discuter de stratégies permettant d’améliorer les mesures prises pour atténuer les risques climatiques.

 

Il existe deux idées fausses à propos de cet engagement qu’il convient de rectifier ici. La première est que les gestionnaires d’actifs discutent de la question du climat avec les entreprises en ayant des visées antagonistes ou militantes, dans le but d’éliminer celles dont les émissions de carbone sont élevées⁶. En dehors du fait qu’en causant la faillite d’une entreprise, ils agiraient contrairement aux objectifs de la vaste majorité des investisseurs, il faut savoir que le but de leur engagement est plutôt d’influencer la stratégie des entreprises pour s’assurer qu’elle cadre avec les intérêts des investisseurs. L’engagement est un partenariat — les gestionnaires d’actifs doivent gagner la confiance des entreprises dans lesquelles ils investissent et accroître leur crédibilité auprès d’elles, en insistant sur le fait que l’atténuation des risques climatiques est une responsabilité partagée, dans l’intérêt de tous.

 

L’engagement, en tant que partenariat, est un processus itératif; comme toute relation, il exige du soin et de l’attention. L’équipe de direction d’une entreprise est moins disposée à écouter les préoccupations d’un gestionnaire d’actifs si ce dernier laisse transparaître une méconnaissance de ses activités, de son secteur d’activité ou des difficultés particulières auxquelles elle se heurte en tentant d’atténuer les risques climatiques. Naturellement, lorsqu’un gestionnaire d’actifs ne peut pas connaître l’emplacement physique des usines ou autres installations ou la logistique connexe, car ces éléments ne sont pas clairement communiqués, il peut être judicieux de demander à l’entreprise de publier des renseignements plus complets sur la question, afin de dresser un plan et de fixer des objectifs plus efficaces.

 

La deuxième idée fausse est que l’engagement est un mode d’influence inefficace qui ne fait que promouvoir l’« écoblanchiment » des réactions des gestionnaires d’actifs aux changements climatiques et contourne les demandes de cession des placements dans les entreprises aux émissions de carbone élevées que formulent certains investisseurs. Cette opinion repose sur une mauvaise interprétation de la nature de la relation entre l’investisseur et l’entreprise bénéficiaire des investissements, notamment dans le contexte de l’actionnariat, dans lequel les gestionnaires actifs peuvent aborder la question du climat dans le cadre des discussions qu’ils ont avec ces entreprises et ne se gênent pas pour le faire.

 

De plus, si l’engagement est un outil utilisé à juste titre et sur la base des intérêts mutuels, il peut constituer un levier puissant pour faciliter la transition des entreprises vers un modèle de fonctionnement moins intensif en carbone et contrebalancer la pression que subissent les entreprises pour prendre des décisions axées sur les bénéfices à court terme au détriment de la viabilité à long terme. L’accent que met Gestion de placements Manuvie sur les questions revêtant une importance à long terme dans le cadre de son engagement auprès des entreprises ressort dans le fait qu’elle est intervenue plus fréquemment en 2018 sur le sujet des changements climatiques (notamment sur l’émission de GES dans 20 % des cas et sur la vulnérabilité aux changements climatiques dans 4 % des cas, sur l’ensemble des sujets qui ont suscité son engagement), et que la tendance se confirme depuis le début de l’année 2019 (émission de GES dans 20 % des cas et vulnérabilité aux changements climatiques dans 12 % des cas).

 

Nouvelles frontières de l’engagement collaboratif

Notre engagement collaboratif avec d’autres institutions de placement dans les domaines ESG a montré que les gestionnaires d’actifs pouvaient amplifier leur impact global sur les entreprises, les secteurs d’activité et les marchés couverts par leur cercle d’influence collectif. Et pour les entreprises auprès desquelles s’engagent les institutions de placement, les efforts de collaboration atténuent la complexité que représente la multiplicité des points de vue, ce qui permet de mettre l’accent, dès le départ, sur l’établissement d’objectifs et la recherche d’un consensus.

 

Parmi les nombreux projets auxquels elle participe, Gestion de placements Manuvie est membre du comité directeur du Climate Action 100+, un projet d’intervention mené par des investisseurs pour mobiliser de manière systémique les grands émetteurs de GES et d’autres entreprises internationales qui ont réellement la possibilité de conduire la transition vers une énergie propre et de faciliter l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris.

 

Ce projet permet d’élaborer une méthode mondiale de gestion des risques climatiques, en demandant aux entreprises d’améliorer leur gouvernance à l’égard des changements climatiques, de réduire les émissions en adoptant des objectifs et de renforcer la qualité de l’information financière sur la question du climat. Certains grands émetteurs de GES ont réagi rapidement et avec dynamisme à ces trois demandes. Royal Dutch Shell et BP se sont notamment engagées à réduire considérablement leurs émissions; la grande société pétrolière et gazière Equinor, le géant mondial de l’industrie minière Glencore et le plus grand armateur mondial Maersk ont pris de nouveaux engagements afin d’aligner leur stratégie commerciale sur les objectifs de l’Accord de Paris ⁷. Le projet Climate Action 100+ prouve que l’action collective apporte une structure à ce débat difficile et urgent et donne un sens à l’Accord de Paris, tout en améliorant la visibilité des valeurs intrinsèques des entreprises au fil du temps.

 

L’investissement durable, un impératif

Il est de plus en plus couramment admis que les risques climatiques sont considérables à l’échelle mondiale et doivent être gérés d’urgence; chaque jour, nous sommes plus conscients des pires scénarios que les différentes facettes des changements climatiques pourraient créer pour les futures générations. Étant un maillon de l’écosystème interconnecté des parties aux prises avec ces risques, nous sommes déterminés à réagir habilement pour évoluer et adapter notre mode de fonctionnement.

 

Cela exige, à notre sens, une innovation rapide et profonde — dans les domaines de l’analyse, de la gestion de portefeuille et des pratiques d’actionnariat actif. Nous pensons que les gestionnaires d’actifs doivent être les fers de lance des efforts collaboratifs et faire tout leur possible pour exercer leurs activités en harmonie avec nos écosystèmes naturels. Ainsi, l’investissement durable redéfinit notre aptitude collective à apporter à la société une contribution positive qui transcende les résultats financiers.